Les gaz à effet de serre (GES) regroupent plusieurs familles de gaz qui piègent la chaleur dans l’atmosphère : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d’azote (N2O), ozone (O3), vapeur d’eau (H2O) et gaz fluorés comme les hydrofluorocarbures (HFC), perfluorocarbures (PFC), hexafluorure de soufre (SF6) et trifluorure d’azote (NF3). Parmi eux, le CO2, le CH4, le N2O et les gaz fluorés sont les principaux GES surveillés par les accords internationaux.
Concrètement, quand vous allumez votre chauffage, prenez l’avion ou mangez un steak, vous participez à l’émission de ces gaz. Ils ne sont pas visibles et n’ont pas d’odeur, mais ils modifient déjà votre quotidien : canicules plus fréquentes, sécheresses, pluies extrêmes. Comprendre de quoi on parle permet de reprendre du pouvoir sur ses choix, à l’échelle de sa maison comme de son assiette.
Que fait un gaz à effet de serre exactement ?
Un gaz à effet de serre est un gaz présent dans l’atmosphère qui absorbe le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre, puis le réémet vers le sol. Ce mécanisme retient une partie de la chaleur et maintient la planète à une température compatible avec la vie.

À faible concentration, cet effet de serre est bénéfique : sans lui, la température moyenne sur Terre serait largement négative. Le problème vient de l’augmentation rapide des GES liée aux activités humaines depuis la révolution industrielle. Les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) concluent que cette hausse a déjà réchauffé la planète d’environ 1,1 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Les principaux gaz à effet de serre et leurs sources
On distingue des gaz naturellement présents dans l’atmosphère et des gaz purement industriels. Les accords comme le Protocole de Kyoto puis l’Accord de Paris se concentrent sur sept GES clés : CO2, CH4, N2O, HFC, PFC, SF6 et NF3.
Dioxyde de carbone (CO2)
Le dioxyde de carbone est le gaz à effet de serre le plus abondant d’origine humaine et sert de référence pour mesurer les autres, avec un potentiel de réchauffement global (PRG) fixé à 1 sur 100 ans. Le PRG compare l’effet réchauffant d’un gaz à celui du CO2 sur une période donnée.
Les principales sources de CO2 sont :
- la combustion de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) pour produire de l’électricité, chauffer les bâtiments et faire rouler les véhicules ;
- la déforestation, qui réduit les « puits de carbone » que sont les forêts ;
- certains procédés industriels, comme la fabrication du ciment ou de l’acier.
Le CO2 est également émis naturellement par la respiration des êtres vivants et la décomposition de la biomasse, mais ces flux sont traditionnellement équilibrés par la photosynthèse et l’absorption par les océans.
Méthane (CH4)
Le méthane est le principal constituant du gaz naturel. Il reste moins longtemps que le CO2 dans l’atmosphère, mais il absorbe beaucoup plus efficacement la chaleur. Son PRG sur 100 ans est d’environ 28 à 30 : une tonne de CH4 réchauffe autant que près de trente tonnes de CO2.
Ses grandes sources comprennent :
- l’élevage de ruminants (fermentation dans le système digestif des bovins et ovins) ;
- les rizières et certains milieux humides ;
- les décharges de déchets ménagers, où la matière organique se décompose sans oxygène ;
- les fuites lors de l’extraction, du transport et de l’utilisation du gaz naturel et du pétrole.
Réduire les fuites de méthane dans les infrastructures, valoriser le biogaz issu des déchets ou modifier l’alimentation des troupeaux sont autant de leviers déjà testés sur le terrain.
Protoxyde d’azote (N2O)
Le protoxyde d’azote, parfois appelé « gaz hilarant », a un PRG environ 265 fois supérieur à celui du CO2 sur 100 ans. Il est moins abondant que le CO2 ou le CH4, mais son pouvoir réchauffant est très marqué.
Ses principales sources d’émission sont :
- l’agriculture intensive, via les engrais azotés épandus sur les sols ;
- la combustion de combustibles fossiles et de biomasse ;
- certains procédés industriels, notamment en chimie.
Le N2O joue aussi un rôle dans la destruction de la couche d’ozone stratosphérique, ce qui en fait un gaz problématique pour le climat et pour la protection contre les rayonnements ultraviolets.
Gaz fluorés : HFC, PFC, SF6, NF3
Les gaz fluorés sont des gaz synthétiques, c’est-à-dire entièrement créés par l’industrie. Ils sont présents en faibles quantités mais possèdent des PRG pouvant atteindre plusieurs milliers, voire plus de 20 000 pour certains, ce qui en fait des GES très puissants.
On retrouve notamment :
- les hydrofluorocarbures (HFC), utilisés comme fluides frigorigènes dans les réfrigérateurs, congélateurs, climatiseurs et pompes à chaleur ;
- les perfluorocarbures (PFC), présents dans la production d’aluminium et certains composants électroniques ;
- l’hexafluorure de soufre (SF6), utilisé comme isolant électrique dans les équipements haute tension ;
- le trifluorure d’azote (NF3), employé dans la fabrication de circuits électroniques et d’écrans.
Dans les inventaires d’émissions, ces gaz sont presque toujours convertis en « équivalent CO2 » pour pouvoir additionner leur contribution au réchauffement avec celle des autres GES.
Les gaz naturels : vapeur d’eau et ozone
La vapeur d’eau est en réalité le gaz à effet de serre naturel le plus important. Sa concentration dépend surtout de la température de l’air et du cycle de l’eau, plutôt que des émissions directes liées aux activités humaines.
L’ozone (O3) a deux visages :
- dans la stratosphère, il forme la fameuse « couche d’ozone » qui nous protège des rayons ultraviolets ;
- dans la troposphère, près du sol, il se forme à partir de la pollution (oxydes d’azote, composés organiques volatils) sous l’action du soleil et agit comme un gaz à effet de serre et un polluant nocif pour la santé.
Qu’est-ce que ça veut dire GES dans une annonce immobilière ?
En immobilier, l’acronyme GES désigne les émissions de gaz à effet de serre d’un logement, exprimées en kilogrammes de CO2 équivalent par mètre carré et par an. C’est un indicateur du diagnostic de performance énergétique (DPE) qui complète la « classe énergie ».
La classe GES fonctionne par lettres de A à G :
- un logement classé A émet très peu de GES, typiquement moins de quelques kilogrammes équivalent CO2 par mètre carré et par an ;
- un logement classé G est très émetteur, souvent mal isolé et doté d’un chauffage peu performant.
Pour améliorer cette classe GES, les travaux prioritaires sont l’isolation des murs, des combles et des fenêtres, ainsi que le remplacement des systèmes de chauffage anciens par des solutions plus sobres, comme une chaudière à condensation ou une pompe à chaleur. Sur ces sujets, un guide détaillé sur la rénovation énergétique peut vous aider à structurer un projet cohérent.
Quelles sont les principales causes du changement climatique ?
La cause dominante du réchauffement actuel est l’augmentation rapide des émissions de GES liées aux activités humaines. Les rapports de synthèse du GIEC indiquent que ces émissions ont fait grimper la température de surface d’environ 1,1 °C par rapport à la période préindustrielle, à un rythme inédit.

Les principaux moteurs sont :
- la production d’énergie basée sur les combustibles fossiles ;
- les transports routiers, aériens et maritimes ;
- l’industrie lourde (ciment, acier, chimie) ;
- l’agriculture intensive et l’élevage ;
- la déforestation et la dégradation des sols, qui réduisent la capacité d’absorption du CO2.
Côté maison, cela se traduit par deux leviers majeurs : la performance énergétique du bâtiment et le mix énergétique utilisé. Les articles sur l’usage des énergies renouvelables à la maison ou sur le fonctionnement d’une pompe à chaleur montrent comment ces choix techniques se traduisent en baisse d’émissions.
Comment le climat évolue avec ces gaz ?
À mesure que les concentrations de GES augmentent, l’effet de serre se renforce. Cela ne se traduit pas seulement par des températures moyennes plus élevées, mais aussi par un climat plus instable.
Les observations et modèles climatiques convergent sur plusieurs tendances :
- hausse des températures moyennes, avec des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses ;
- modification des régimes de précipitations, avec des alternances plus marquées entre sécheresses et épisodes de pluies extrêmes ;
- fonte accélérée des glaciers et de la banquise ;
- élévation du niveau des mers, qui menace les zones côtières.
Cette évolution est déjà mesurable en France et en Europe, et elle influence des politiques de rénovation des bâtiments, de mobilité urbaine ou d’aménagement des villes, comme le montrent les réflexions sur la définition concrète du changement climatique.
Est-ce que le CO2 est dangereux pour l’être humain ?
Le CO2, à lui seul, n’est pas toxique aux concentrations atmosphériques actuelles. Nous en respirons en permanence et notre organisme en produit. Le danger réside dans son accumulation à grande échelle dans l’atmosphère, qui dérègle le climat et augmente les risques pour la santé via les canicules, la dégradation de la qualité de l’air et l’impact sur les ressources en eau et en aliments.
À l’intérieur des bâtiments, des concentrations trop élevées en CO2 peuvent toutefois provoquer fatigue, maux de tête et baisse de concentration, ce qui justifie une ventilation efficace et une bonne performance énergétique pour limiter les besoins de chauffage tout en assurant le renouvellement d’air.
FAQ sur les gaz à effet de serre et le GES d’une maison
Que veut dire GES sur le diagnostic d’une maison ?
Sur un diagnostic de performance énergétique, GES signifie « gaz à effet de serre ». La classe GES indique combien de kilogrammes d’équivalent CO2 le logement émet chaque année par mètre carré. Plus la lettre est proche de A, plus le bâtiment est sobre en émissions. Cet indicateur tient compte du type de chauffage, de la qualité de l’isolation et de la consommation énergétique globale.

C’est quoi la différence entre classe énergie et classe GES ?
La classe énergie mesure la quantité d’énergie consommée par un logement (en kWh/m²/an), tandis que la classe GES mesure les émissions de gaz à effet de serre associées à cette consommation (en kg CO2eq/m²/an). Un logement peut être relativement peu consommateur mais très émetteur s’il utilise une énergie très carbonée, comme le fioul. À l’inverse, une maison alimentée par une énergie bas carbone peut afficher une meilleure classe GES pour une consommation similaire.
Quels sont les GES pris en compte par les accords climatiques ?
Les principaux accords internationaux, comme le Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris, couvrent sept GES : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d’azote (N2O), hydrofluorocarbures (HFC), perfluorocarbures (PFC), hexafluorure de soufre (SF6) et trifluorure d’azote (NF3). Leurs émissions sont converties en équivalent CO2 pour être comparées et agrégées dans les inventaires nationaux.
Comment réduire concrètement ses émissions de gaz à effet de serre au quotidien ?
À l’échelle individuelle, les gestes les plus efficaces sont souvent les plus simples : isoler son logement, choisir un mode de chauffage plus performant, privilégier les transports doux ou partagés, réduire la consommation de viande, éviter le gaspillage alimentaire, et investir dans des équipements durables plutôt que jetables. Des guides pratiques sur la consommation responsable ou sur la rénovation énergétique peuvent vous aider à prioriser les actions qui ont le plus fort impact.
Passer de la compréhension des GES à l’action chez soi
Savoir quels sont les gaz à effet de serre et d’où viennent leurs émissions ne sert à rien si ce savoir reste abstrait. La bonne nouvelle, c’est qu’une partie des solutions se joue à l’échelle de votre maison, de votre quartier et de vos habitudes.
Commencer par faire un bilan énergétique de son logement, regarder la classe GES de son DPE, puis identifier les travaux d’isolation ou de changement de chauffage prioritaires, c’est déjà transformer un concept scientifique en baisse d’émissions bien réelle. À l’extérieur, choisir des modes de transport plus sobres, et dans l’assiette, privilégier les produits de saison et réduire les aliments très émetteurs sont autant de pas concrets. Chaque action ne changera pas le climat à elle seule, mais elle contribue à une dynamique collective qui, elle, peut vraiment infléchir la courbe des gaz à effet de serre.