Les émissions de CO2 dans le monde dépassent aujourd’hui les 40 milliards de tonnes par an, principalement à cause de la combustion de charbon, de pétrole et de gaz, ainsi que de la déforestation et de certains procédés industriels. Ce niveau record alimente le réchauffement climatique et fait progresser les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, désormais 50 % plus élevées qu’avant l’ère industrielle.
Concrètement, cela signifie que chaque trajet, chaque bâtiment chauffé et chaque tonne de ciment produite laisse une trace dans l’atmosphère, même si cette trace est invisible. On le ressent pourtant dans des épisodes de sécheresse plus fréquents, des incendies de forêt plus violents, ou encore des inondations récurrentes. Plutôt que de céder au fatalisme, l’enjeu est de comprendre d’où viennent ces émissions de CO2 à l’échelle mondiale, qui pollue le plus… et ce que chacun peut faire, individuellement et collectivement.
Émissions mondiales de CO2 : les chiffres à connaître
Les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines atteignent environ 53 gigatonnes de CO2 équivalent (Gt CO2e) en 2023, tous gaz confondus, dont près des deux tiers proviennent du dioxyde de carbone (CO2) d’origine fossile. Si l’on se concentre uniquement sur le CO2, les émissions liées aux combustibles fossiles et au ciment avoisinent 38 à 42 Gt CO2 par an selon les années et les sources.

Depuis 1990, ces émissions mondiales ont augmenté d’environ 60 %, alors que les connaissances scientifiques sur le changement climatique n’ont cessé de se préciser. La concentration de CO2 dans l’atmosphère a suivi la même tendance : elle se situe désormais autour de 420 à 424 ppm(parties par million), contre 280 ppm environ à l’époque préindustrielle. Chaque année, quelques ppm supplémentaires suffisent à renforcer l’effet de serre et donc le réchauffement global.
Autre donnée utile : les émissions mondiales par habitant. Elles tournent autour de 6 tonnes de CO2 équivalent par personne et par an, avec de fortes disparités selon les pays. Un habitant d’un pays riche à forte intensité énergétique peut émettre plus de 10 tonnes, tandis que dans des pays à faible revenu, ce niveau reste souvent inférieur à 2 tonnes.
Quels pays polluent le plus… et lesquels le moins ?
À l’échelle mondiale, les émissions de CO2 ne sont pas réparties de manière uniforme. La Chine, les États-Unis et l’Union européenne figurent parmi les principaux émetteurs, mais leur profil diffère selon qu’on regarde les émissions totales ou les émissions par habitant.
Pays les plus émetteurs en volume
Si l’on regarde les émissions totales de gaz à effet de serre, la Chine représente environ 30 % des émissions mondiales, les États-Unis environ 11 % et l’Union européenne autour de 6 %. Ces chiffres s’expliquent par la taille de leur économie, leur mix énergétique (plus ou moins dépendant du charbon), l’importance de leur industrie lourde et de leurs infrastructures.
D’autres pays comme l’Inde, la Russie ou certains pays producteurs de pétrole figurent également dans le haut du classement, du fait de leur population importante ou de leur forte dépendance aux combustibles fossiles.
Pays qui polluent le plus par habitant
Une autre manière de poser la question « Qui pollue le plus ? » consiste à se pencher sur les émissions de CO2 par habitant. Certains États exportateurs d’hydrocarbures, dotés d’un niveau de vie élevé, affichent des émissions par personne très supérieures à la moyenne mondiale, parfois au-delà de 20 tonnes de CO2 équivalent par an.
À l’inverse, de nombreux pays d’Afrique ou d’Asie à faible revenu ont une empreinte carbone par habitant très faible, souvent inférieure à 2 tonnes de CO2 équivalent par an, alors même qu’ils sont parmi les plus exposés aux impacts du dérèglement climatique. Le paradoxe est flagrant : ceux qui contribuent le moins aux émissions mondiales sont souvent ceux qui subissent le plus les conséquences.
Quels secteurs émettent le plus de CO2 dans le monde ?
Comprendre les secteurs les plus émetteurs est essentiel pour identifier les leviers d’action. À l’échelle mondiale, l’énergie reste le premier poste de gaz à effet de serre : production d’électricité, chaleur, transports, industrie lourde….
La combustion de charbon, de pétrole et de gaz pour produire de l’électricité et de la chaleur représente la plus grande part des émissions de CO2 liées à l’énergie, avec près de 38 Gt CO2 en 2024 selon certaines analyses. Les transports (routiers, aériens, maritimes) comptent aussi parmi les postes majeurs, de même que l’industrie du ciment et de l’acier, très consommatrices d’énergie et émettrices de CO2 dans leurs procédés même.
Au-delà de l’énergie, l’agriculture, la déforestation et certains usages des sols contribuent largement aux émissions de gaz à effet de serre, notamment via le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Ces gaz sont souvent convertis en « équivalent CO2 » pour faciliter les comparaisons, ce qui permet de parler d’émissions totales de GES en Gt CO2e.
Enfin, n’oublions pas les bâtiments (résidentiel, tertiaire) qui consomment beaucoup d’énergie pour le chauffage, la climatisation et l’éclairage. Les politiques de rénovation énergétique, comme celles qui concernent la réduction des consommations d’énergie dans le tertiaire, s’attaquent précisément à ce gisement d’économies d’émissions.
Que signifie GES… et à quoi sert la classe GES en immobilier ?
Le terme GES signifie « gaz à effet de serre ». Il désigne l’ensemble des gaz qui piègent la chaleur dans l’atmosphère, comme le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et certains gaz fluorés. Chaque gaz possède un « pouvoir de réchauffement global » qui permet de le convertir en équivalent CO2, afin de mesurer l’impact total sur le climat.

Dans l’immobilier, la classe GES renvoie au niveau d’émissions de gaz à effet de serre d’un logement ou d’un bâtiment, en complément de la classe énergie. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) évalue notamment la quantité de CO2 émise par mètre carré et par an pour le chauffage, l’eau chaude et parfois la climatisation. Cette classe GES permet aux propriétaires et aux locataires d’identifier les biens les plus émetteurs et de prioriser les travaux de rénovation visant à réduire ces émissions.
Relier ces indicateurs à l’échelle mondiale peut paraître abstrait, mais l’idée est la même : plus un bâtiment consomme d’énergie fossile, plus ses émissions de CO2 contribuent à la addition globale. Les politiques publiques qui encouragent la rénovation énergétique ou la performance des bâtiments s’inscrivent donc dans une logique cohérente avec les objectifs climat internationaux.
Émissions mondiales de CO2 et empreinte carbone : ce que cela change pour nous
Lorsque l’on parle d’émission CO2 monde, il est utile de distinguer les émissions « territoriales » (ce que l’on émet sur un territoire) de l’empreinte carbone, qui tient compte des émissions associées aux produits importés et consommés dans un pays.
Un pays peut montrer une baisse de ses émissions sur son territoire, tout en gardant une empreinte carbone élevée si sa consommation repose sur des biens très émetteurs fabriqués ailleurs. La France, par exemple, affiche des émissions territoriales d’environ 370 Mt CO2e mais une empreinte carbone d’environ 560 Mt CO2e, dont la moitié liée aux importations.
À l’échelle individuelle, cela signifie que ce que nous consommons compte autant que ce que nous produisons. L’alimentation, par exemple, joue un rôle non négligeable dans l’empreinte carbone. Réduire sa consommation de viande et privilégier des aliments végétaux peut diminuer significativement les émissions liées à notre assiette, comme le détaille l’analyse sur l’adoption d’un régime sans viande sans carences.
De même, la manière dont les entreprises intègrent la responsabilité sociétale dans leurs activités influence directement les émissions de CO2 mondiales. Une entreprise qui repense ses chaînes d’approvisionnement, son énergie ou ses produits peut réduire son empreinte et celle de ses clients, ce qui est au cœur de la notion de responsabilité sociétale des entreprises.
Des tendances contrastées : baisse en Europe, hausse mondiale
Les émissions de gaz à effet de serre augmentent encore à l’échelle planétaire, mais toutes les régions ne suivent pas la même trajectoire. L’Union européenne et la France ont réduit leurs émissions depuis les années 1990, principalement grâce à des politiques de transition énergétique, d’efficacité et de réglementation environnementale.
Depuis 1990, les émissions de GES ont augmenté de plus de 60 % dans le monde, mais elles ont diminué d’environ 30 % en Europe et de près de 27 à 32 % en France. Cette divergence illustre le rôle des politiques publiques, des innovations technologiques et des changements de comportements. Cependant, la baisse en Europe ne suffit pas à compenser la hausse dans d’autres régions où la demande énergétique croît rapidement.
Par ailleurs, des signaux faibles laissent penser que certaines émissions liées à l’énergie pourraient approcher un pic avant de décroître, notamment en raison de la baisse des coûts du solaire et des batteries. Mais pour que la courbe mondiale s’infléchisse réellement, il faudra des politiques plus ambitieuses, une coopération internationale renforcée et une mobilisation des acteurs économiques et citoyens.
Que peut-on faire face aux émissions de CO2 mondiales ?
À première vue, les 41 milliards de tonnes de CO2 émises chaque année peuvent donner le sentiment que notre action individuelle ne pèse pas grand-chose. Pourtant, les changements observés dans certains pays montrent que des politiques cohérentes, combinées à des comportements plus sobres, peuvent vraiment infléchir la trajectoire.

Quelques leviers concrets ressortent, en cohérence avec les données mondiales :
- Réduire la dépendance aux énergies fossiles en privilégiant les transports en commun, le vélo, la marche et, lorsque c’est possible, les véhicules moins émetteurs.
- Améliorer la performance des bâtiments via la rénovation énergétique, l’isolation, le pilotage intelligent de la consommation, et le choix de sources de chaleur moins carbonées.
- Réorienter son alimentation en réduisant les produits les plus émetteurs (notamment certaines viandes) au profit de protéines végétales, ce qui allège l’empreinte CO2 liée à l’agriculture.
- Soutenir des entreprises engagées qui intègrent pleinement la responsabilité sociétale dans leurs décisions et qui rendent transparentes leurs émissions et leur trajectoire de réduction.
- Agir collectivement en participant à des démarches locales (plans climat, actions de prévention des feux de forêt, initiatives de sobriété énergétique) qui ont un impact direct sur les émissions et sur la résilience des territoires.
L’objectif n’est pas de viser une perfection impossible, mais de faire des choix plus éclairés, en comprenant comment ils s’inscrivent dans la grande équation des émissions mondiales.
FAQ – Émissions de CO2 dans le monde
Qui pollue le plus : pays riches ou pays émergents ?
En volume, certains pays émergents comme la Chine ont désormais des émissions de CO2 supérieures à celles de nombreux pays riches, du fait de leur taille et de leur industrialisation rapide. Cependant, les pays à haut revenu gardent souvent une empreinte carbone par habitant plus élevée, en particulier lorsqu’on intègre les émissions liées aux biens importés. Les deux groupes de pays ont donc une responsabilité différente mais complémentaire dans la réduction des émissions.
Quels secteurs polluent le plus à l’échelle mondiale ?
Le secteur de l’énergie (production d’électricité et de chaleur) reste le principal contributeur aux émissions de CO2 mondiales, en raison de la combustion de charbon, de pétrole et de gaz. Les transports, l’industrie lourde (acier, ciment, chimie), ainsi que l’agriculture et la déforestation jouent également un rôle majeur dans les émissions de gaz à effet de serre. Les bâtiments résidentiels et tertiaires complètent ce panorama, surtout dans les pays où le chauffage et la climatisation sont très intensifs.
Quel est le pays où l’émission de CO2 par habitant est la plus élevée ?
Les données disponibles montrent que les émissions de CO2 par habitant les plus élevées se trouvent généralement dans des pays producteurs d’hydrocarbures, disposant d’une forte consommation d’énergie fossile et d’un niveau de vie élevé. Ces États combinent des secteurs industriels et énergétiques très carbonés à des usages intensifs (transport, climatisation, etc.). À l’inverse, les pays à faible revenu ont des émissions par habitant beaucoup plus faibles, même si leur vulnérabilité au changement climatique est souvent plus forte.
La baisse des émissions en Europe a-t-elle un impact réel à l’échelle mondiale ?
La réduction des émissions de gaz à effet de serre en Europe et en France contribue effectivement à limiter le réchauffement, mais son poids reste modeste par rapport à la croissance observée ailleurs. L’intérêt majeur de cette baisse est démonstratif : elle prouve qu’il est possible de découpler croissance économique et émissions, et qu’une combinaison de politiques publiques, d’innovations et de changements de comportements peut réduire l’empreinte carbone. Pour que l’impact global soit significatif, il faut que d’autres grandes régions suivent cette trajectoire.
Face à l’ampleur des émissions de CO2 dans le monde, la lucidité est indispensable. Mais elle ne doit pas se transformer en résignation. Notre marge de manœuvre collective repose sur des décisions politiques, des innovations et des choix de consommation plus cohérents. Chaque réduction d’émission compte dans l’équation globale, et les expériences déjà engagées montrent qu’une trajectoire plus sobre reste possible si nous décidons de l’emprunter.